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De la vie

"Quelle est la différence entre "ne sera jamais" et "n'a jamais été"?"

Je ne sais pas pourquoi il m'est encore possible d'y penser. Il n'y a plus de surprise, il ne reste que du gâchis, "un immense gâchis" comme on dit ouais, pas pour rien qu'on se sente obligé d'y associer cet adjectif. Il est temps d'enterrer ce bordel infâme, de disperser ses cendres plutôt, sans en bouffer. Plus une miette.
Je ne comprends pas comment je peux réussir à m'acharner sans espérance. C'est absurde. Remâcher les histoires passées qui n'ont jamais été réellement présentes, voilà bien la preuve qu'il est temps de changer d'air.

Mais tout est gris. Putain de gris. J'essaie d'y trouver une beauté, un rien aguicheur, quelque chose qui puisse remplir l'espace crevant par le vide, mais je ne vois pas. Du gris. De l'eau. Déjà plus ces belles couleurs d'automne qui font qu'on s'imagine pardonner la noirceur à venir. Un goût du passé, du déjà vu, du trop vu surtout.




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Zenzile - Simple Lesson

U
ne écrabouillure. Un poids constant, violent au fond du corps. Rien de bien méchant et pourtant, un rien crevant. L’absence d’espoir en l’instant rend la respiration difficile.
La migraine quotidienne peine à apparaître, peut-être pour laisser un laps de temps suffisant à l’esprit pour s’apaiser avant, laisser la place, un peu de place.
Attendre, mais pas d’une attente niaise et dénudée, attendre dans la douleur latente de ce qu’on a perdu et de ce qu’on ne retrouvera peut-être jamais. Sûrement lasse des peut-être.
Bribes de cauchemars inaudibles, plus abscons qu’effrayants. Reste le trouble. Et les phrases nominales.

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"Tu crois qu'un jour les gens regarderont le Tibet sur un écran de cinéma en se demandant ce qu'il nous est arrivé ?"

A la prochaine destination.

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J'm'en fous, j'vais au Pérou.

C'est cool ça, ça fait un bon slogan. "Un slogan d'toilette !"... C'est chiant, j'arrive pas à dire ce mot sans sortir ça après. J'suis pervertie par mes références. Bon. Voilà donc ouais. Vendredi j'atterris à Buenos Aires. C'est pas mal ça, à force de l'écrire, j'réussis enfin à ne plus faire de faute. ATTERRIS. Non mais faut avouer qu'il est moche ce mot, on a toujours l'impression qu'il est mal écrit. Ouais. J'ai putainement envie de digresser. En même temps, y a pas grand chose à ajouter, j'm'en vais quoi. J'vous ramène de la bave de lama, un bout de Cordillère des Andes, un slip de SDF argentin, et puis Johnny Depp (parce que où que j'aille, j'espère toujours ramener Johnny Depp. C'est un principe).

(15h de vol toute seule pour une première fois d'avion, même pas peur)

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"Une rencontre vite" j'me disais. Mouais. J'me suis donnée de meilleurs conseils. Du coup, j'ai pu oublier putainement brusquement toute cette angoisse du roman qui s'achève avant d'avoir commencé. Un mal pour un bien ouais ouhla ouais. Doublement. C'est plutôt pas mal. J'me surprends au sentimentalisme, et je trouve que ça me va pas mal au teint. C'est beau de rosir. Le reste moins mais bon. J'veux pas en demander trop. J'en ai pas demandé trop. j'ai rien demandé. j'ai rien dit. j'aurais p'tet dû, ne serait-ce qu'un peu, du genre, ces quelques p'tits mots qui me trottaient dans la tête, que je préparais, tournais et retournais dans ma tête en attendant le moment parfait pour les lui dire. "Et là, tu pourrais me serrer dans tes bras ?" J'trouvais ça nul en même temps, mais j'trouvais pas d'autres mots. Ou bien "pitié ton torse", mais disons que bon, c'est p'tet pas spécialement mieux. La prochaine fois, j'tenterai de m'exploser le coeur sur les parois d'un torse libre. Hein. 'fin bon. J'dis ça hein. Quel sentiment singulier. J'ai un vide particulièrement étrange et inquiétant dans la poitrine, douloureux même. Et puis j'sais pu quoi faire du reste. Le reste. Du reste. Je sais qui j'suis c'est déjà ça, le où je vais à la limite, j'crois que j'm'en branle, d'où l'inutilité de me poser la question. Avec qui aussi d'ailleurs. Pas mieux. Si ce n'est pire. Bon. Ben... Une rencontre hein, vite.




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"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."
On ne badine pas avec l'amour - Musset

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