Partie 1 ?

Publié le par Lène


Vous m'excuserez, j'ai pas encore trouvé de titre. J'aime pas les titres déjà, alors ça aide pas. Mais à suivre sinon.

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"Laisse moi venir avec toiii"
Elle était à ses genoux, les larmes aux yeux, la lèvre inférieure tremblante, son sac à dos rouge et jaune serré dans ses petits bras.
"Nan. Casse-toi."
Il s'apprêtait à s'éloigner, mais elle se jeta sur ses chevilles
"_ Pitiéééééééé !
_ Putain mais ! T'es lourde là, tu vois pas que tu me soûles ? Casse toi j'te dis !
_ Me laisse pas !"
Elle chialait franchement maintenant, et sa voix se coupait et se recoupait sous les battements de sa poitrine. "_Quand t'es pas là j'ai peur, et puis ils vont me faire du mal
_ Déconne pas... Babar s'occupera de toi ; il est gentil Babar, nan ? Tu l'aimes bien !"
Elle se releva en sanglotant, frottant ses genoux pour en enlever les feuilles mouillées qui s'étaient accrochées à ses genoux sales.
"_ Voui... Mais c'est pas pareil sans toi.
_ Arrête voir un peu... Babar il te ramène des bonbons qu'il pique rien que pour toi chez la boulangère, il te raconte des histoires et tu dis toujours que son gras, il est confortable pour dormir. Moi, j'fais rien. J'te sers à rien. Ça sera pareil, ok ? Ok ? Alors va te recoucher."
Il avait pourtant bien calculé son coup, s'était levé en silence, espérant ne réveiller personne. Ses affaires étaient prêtes, des bagages qui n'auraient pas pu faire deviner son départ, puisqu'ils se limitaient à un sac à dos, son éternel sac à dos kaki. Il s'était glissé hors de son duvet, discretos, surveillant du coin de l’œil sa sœur qui dormait dans le creux des bras de Babar : même lui, il ne l'avait pas prévenu. C'est pour ça qu'il ne comprenait pas vraiment comment elle avait pu prévoir le coup, la gamine. A peine avait-il fait quelques pas qu'elle l'avait rattrapé, son vieux doudou pourri en main, et son sac à dos ballottant derrière elle.
Sa tête était baissée, et ses larmes tombaient sur ses souliers.
"J'ai peur sans toi..."
Il soupira bruyamment. Il ne savait plus vraiment quoi dire. Il avait toujours imaginé son voyage seul. Au début, ça l'angoissait franchement : la solitude, il avait toujours connu, mais il avait espéré, un temps, rencontrer je ne sais quelle princesse sortie de je ne sais quel château, prête à le suivre, à l'aimer, et à ne rien faire d'autre que l'aimer. Avec le temps, il avait compris que rien ne se passerait tant qu'il ne donnerait pas le signal, lui, et lui seul. Il avait d'ailleurs beaucoup trop attendu. Le problème, si l'on considère cela comme un problème, c'est qu'il n'avait pas de point de chute, rien ni personne pour l'attendre nulle part. Il avait bien quelques idées de lieux dont lui avait parlé son père, ces voyages que lui n'avait jamais faits mais dont il avait toujours rêvé, à haute voix, sans pour autant exprimer quelque regret, mais il ne savait pas si c'était vraiment ça qu'il voulait, réaliser les rêves d'ailleurs de son vieux. Il n'y avait personne pour être fier de lui, si ce n'est cette gamine qui chouignait à ses pieds, mais elle, c'était pas pareil. Elle, elle avait toujours été en admiration devant lui, même quand il faisait de la merde, et c'est ça qui l'horripilait. Pourquoi l'aimait-elle autant ? Il ne faisait que voler, gerber dans le caniveau après les cuites qu'il se tapait avec Babar, l'injurier, la frapper ; il n'aurait jamais pensé être ce mec plus tard. Gamin, il se voyait avec cette princesse rêvée, il se voyait bosser dans un bureau, il trouvait ça cool comme boulot, d'avoir un costard et de rentrer chez soi baiser sa femme. Maintenant, il préférerait crever plutôt que de bosser entre 4 murs. Il lui fallait de l'air : habitude de rue ou désir ancré au plus profond de son être, ça, il ne savait pas.
Il sentit une tête se poser contre son ventre. Elle s'y blottissait, lui imposant les soubresauts de ses pleurs. Il leva les yeux au ciel. Ça faisait des jours qui planifiait son départ, et voilà qu'il se retrouvait coincé ; rien que pour ça, il l'aurait bien repoussée et balancée sur le trottoir. Il grommela quelques "putain", en gardant les mains dans les poches ; elle, elle le serrait fort, très fort, comme si ça pouvait l'empêcher à jamais de s'éloigner.
Il essayait de trouver de bonnes raisons de l'emmener avec lui, mais il n'en trouvait aucune. "Pour maman" pensa-t-il. "Tu parles... Elle en aurait rien eu à foutre. Elle l'aurait vendue avec plaisir, si l'esclavage avait été légal. Ok. Bon. Papa il dirait quoi... " Sauf qu'il n'en avait aucune idée. Il ne le connaissait pas assez et il ne le connaîtrait jamais mieux que ça. Une nuit, en rentrant avec Babar, ils l'avaient retrouvé mort dans la ruelle qu'ils occupaient à l'époque, froid, les yeux révulsés. Ils étaient partis quelques jours, histoire de trouver un nouvel endroit où squatter, et en avaient profité pour chourrer quelques fringues qui séchaient dans un patelin en banlieue. Il savait pas de quoi il était mort. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il avait dû chercher sa sœur jusqu'au petit matin ; il l'avait retrouvée assise sur le bord de la fontaine du parc, en grande discussion avec un chaton qu'elle tenait dans ses bras. Elle avait expliqué qu'elle était partie parce qu'elle avait faim, sans savoir dire depuis quand. Il n'avait pas insisté. Elle était petite, c'était pas sa faute. D'ailleurs, elle était toujours petite, et ça n'était toujours pas sa faute.
"Ok, tu peux venir, mais tu fais pas chier."
Elle releva la tête, les yeux tout rouges et tout trempés.
"C'est vrai ?"
Il se dégagea.
"Allez dépêche. J'veux pas que Babar se réveille et qu'il gueule. Oublie pas ton ninnin surtout, j'veux pas avoir à revenir à cause de toi"


Publié dans De la plume au clavier

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Maupassé 16/03/2009 19:21

Rangez vos armes, c'est juste une réaction "personnelle" à chaud suite à la lecture ! lol
Nullement dans l'idée de critiquer pour critiquer, je souhaitais juste avoir quelques éclaircissements sur une réaction pas aisément compréhensible, tout simplement ! ;)
J'attends donc la suite pour savoir de quoi il retourne, savoir comment on peut abandonner une petite fille et surtout qu'est-ce qui peut importer plus que l'amour d'une soeur.
A ta plume, mon amie.

Sakato 16/03/2009 17:15

Encore une fois j'aime beaucoup tes histoires ^^
Et par rapport au commentaire de Maupassé, c'est vrai que si en une page le personnage avait montré tout son etre et sa platitude ce serait sacrement chiant (quasi autant que du Hugo, que je n'aime pas ^^)
Ca me fait un peu penser à une description à la Penac, mais ça doit venir du personnage de la gamine, ou un peu à du Vargas dans le genre personnage atypique.

Lène 16/03/2009 17:03

Si mon personnage était cernable immédiatement, j'avoue que j'aurais peut-être été déçue... Alors c'est parfait !

Je t'expliquerais bien son caractère, sa vie, ses idées, ses aspirations et son dépit pour que tu comprennes mieux ses réactions, mais si je le fais, je ne vois plus l'intérêt de continuer le récit par la suite.

Là tu fais tout de suite sa psychanalyse au pauvre gamin, il t'en foutrait une volontiers ! :P

J'aurais pu faire le récit d'un personnage simple, fade, bisounours, et putainement prévisible, mais faut croire que c'est pas mon genre, ni dans la vie, ni sur le papier ; c'est pourquoi ça me semble bien que tu ne le comprennes pas. Enfin, sache que ce ne sont pas des incohérences de récit, cela va sans dire, mais voilà, c'est toujours bien de réagir à une lecture !

Maupassé 16/03/2009 16:09

Salut !
La fonction "ajouter un commentaire" est active donc, j'en déduis que je peux laisser mon impression sur ce que je viens de lire ! ;)
Il y a quelques éléments que je ne comprends pas très bien et j'apprécierais que tu éclaires ma lanterne afin d'y voir plus clair! lol
Tout d'abord, j'ai un peu de mal à cerner la réaction du grand frère. Il décide de quitter sa soeur, de l'abandonner plutôt, car elle pourrait être un frein à son désir d'évasion. Cette soeur qui, si j'ai bien compris est la seule personne dans ce monde à lui avoir témoigné de l'affection et de l'amour. Tu dis aussi que dans le temps, il espérait rencontrer la femme de sa vie et aurait été prêt à la suivre n'importe où. Donc ce jeune homme, présentant un grand manque d'affection exprime le souhait d'abandonner la dernière personne qui tient à lui pour... pour quoi justement?
C'est ça que je comprends pas, excuse moi !;)
Quand leur père est mort, tu dis que la première préoccupation du grand frère, avant même de connaitre la raison de son décès fut de partir à la recherche de sa petite soeur.
Par la suite, tu dis aussi qu'il n'a aucun point de chûte, que sa destination est inconnue... Que fuit-il pour partir comme un voleur (qu'il est^^) en pleine nuit ?
Le protecteur devient déserteur ? Même si à la fin il décide de la prendre avec lui, un grand frère n'envisagerait jamais d'abandonner une petite soeur qui l'aime, et qu'il aime.
C'est juste mon avis, j'aime beaucoup sinon !
Mais si tu peux juste m'expliquer ça, j'aimerai encore plus ! :D

Bonne fin de journée !